Chef de rayon : le management prend de l’ampleur

17 août 2011 Métier Marie MEHAULT
Temps de lecture : 3 minutes

La dimension managériale du métier de chef de rayon prend de plus en plus d’ampleur. Pour autant, elle n’est pas toujours bien maîtrisée et la demande de formation est forte.

 

Pour 71,5 % des chefs de rayon, l’encadrement des équipes devient primordial. A tel point que certaines enseignes les ont gratifiés de noms plus en rapport avec cette dimension. Chez Géant, par exemple, on ne parle plus que de « managers commerciaux ». Champion, Carrefour ou Cora ont eux aussi depuis plusieurs années opté pour le terme « managers ».

Le changement en avait fait sourire plus d’un mais il a eu le mérite de mettre des mots sur un profond bouleversement. En effet, rares sont les enseignes où les chefs de rayon négocient encore en direct l’approvisionnement de leurs linéaires. Les centrales s’en chargent très bien. De ce fait, les managers ont plus de temps à consacrer au terrain et aux équipes. Cette présence est devenue indispensable, surtout à l’heure de la différenciation.

Les points de vente ne peuvent plus se démarquer par les prix et doivent compter sur le professionnalisme et la capacité d’accueil de leurs équipes. Qui n’a jamais renoncé à demander un conseil à une charcutière devant son air renfrogné ? Un magasin peut bien avoir les meilleurs produits, des prix attractifs et un merchandising parfait, il ne réalisera jamais d’excellentes performances si son personnel n’est pas à la hauteur.

 

Un rôle apprécié mais redouté

Notre rôle peut se résumer en quatre actions : prévoir, anticiper, faire faire et contrôler », résume Bernard, manager métier chez Carrefour. Or, s’il est une science inexacte, c’est bien celle des ressources humaines. « J’ai beau passer 60 à 70 % de mon temps à gérer mon équipe, j’ai toujours l’impression d’éteindre le feu. L’anticipation est difficile avec des équipes de moins en moins stables », ajoute ce manager.

Bref, l’encadrement est souvent délicat. « C’est de loin l’aspect de mon métier que je préfère. Réussir à fédérer une équipe autour d’un objectif commun n’est jamais évident mais passionnant », explique Vincent K. chez Auchan.

Devant les difficultés, 50,6 % des chefs de rayon souhaiteraient une formation spécifique. Les jeunes sont les plus demandeurs : 64,3 % des 25-30 ans réclament une formation contre 20,9 % des plus de 50 ans.

« Les jeunes ont souvent du mal à s’imposer face à des équipes anciennes. Et ils manquent de diplomatie. Il faut au moins un an d’expérience pour se sentir vraiment à l’aise », avance ce chef de groupe chez Géant. La demande d’explications est également plus forte pour les rayons traditionnels, boulangerie en tête. Le bon fonctionnement de ces secteurs nécessite en effet de grosses équipes et induit des contraintes d’amplitude horaire parfois à la limite de l’ingérable.

Au final, les chefs de rayon ne sont pas les seuls à dénoncer le caractère aléatoire de la fonction encadrement. Leurs supérieurs hiérarchiques éprouvent eux aussi une gêne s’agissant de juger leurs collaborateurs sur cet aspect du métier.

 

Elodie Martel


 

La valeur n’attend pas le nombre des années

  Taille de l’équipe / Age

– de 25 ans

26 à 30 ans

31 à 35 ans

+ de 50 ans

  1 à 2 personnes   

  18.3 %

  7.6 %

    8.2 %

  20.9 %

  3 à 4 personnes

  26.7 %

  24.2 %

  21.8 %

  25.6 %

  5 à 8 personnes

  21.7 %

  32.4 %

  31.9 %

  23.3 %

  9 à 15 personnes

  20.0 %

  24.9 %

  24.5 %

  14.0 %

  Plus de 15 personnes

  13.3 %

  10.8 %

  13.6 %

  16.3 %

  Ensemble

100.0 %

100.0 %

100.0 %

100.0 %

Source : IRS/Linéaires

Publié avec l’aimable autorisation du magazine  

 

 

Marie MEHAULT